Santé

Syndrome des jambes sans repos : un massage peut-il calmer les impatiences dans les jambes ?

Les impatiences dans les jambes, connues sous le nom médical de syndrome des jambes sans repos (SJSR) ou maladie de Willis et Ekbom, correspondent à des sensations désagréables (picotements, décharges électriques, etc.) dans les jambes. Les personnes qui en souffrent ressentent le besoin irrépressible d’agiter leurs jambes. Les impatiences peuvent avoir un impact très important sur le quotidien, notamment sur le sommeil.

Qu’est-ce que le syndrome des jambes sans repos ?

Le syndrome des jambes sans repos ne porte pas le nom populaire d’impatiences pour rien. Les patients qui souffrent peinent à contrôler leur envie de bouger les jambes en permanence. Comme une personne nerveuse ou impatiente, ils s’agitent constamment. Naturellement, le syndrome des jambes sans repos a des conséquences multiples et désagréables sur la qualité du sommeil. Il peut également provoquer des douleurs musculaires sur le long terme.

Les impatiences dans les jambes se manifestent surtout lorsque le patient est allongé ou en position de repos. Rester longuement assis pour voyager ou s’allonger pour dormir peut devenir très difficile. Dès que le patient se met en position de repos, il ressent les symptômes suivants dans les jambes :

  • Picotements
  • Fourmillements
  • Tiraillements musculaires
  • Décharges électriques nerveuses
  • Douleurs musculaires (dans les formes extrêmes du syndrome)

Les personnes souffrant du syndrome des jambes sans repos souffrent aussi très souvent de contractions musculaires involontaires et intenses pendant leur sommeil. On parle même plutôt de secousses musculaires. Ces mouvements périodiques nocturnes sont involontaires et plus ou moins intenses. Parfois, seul le gros orteil se pliera, mais certains patients bougent jusqu’à la hanche. Ces mouvements perturbent le sommeil et ils peuvent rendre difficile de dormir avec quelqu’un d’autre.

Le syndrome des jambes sans repos ou maladie de Willis et Ekbom est classé parmi les troubles du sommeil tant son impact sur la qualité du repos peut être important.

Notons également, et c’est important, que de nombreuses personnes auront des impatiences dans les jambes plusieurs fois dans leur vie. Tant que les symptômes ne se répètent pas quotidiennement ou qu’ils ne gênent pas le quotidien, on ne parle pas de syndrome des jambes sans repos.

Quelle est la cause du syndrome des jambes sans repos ?

Nous aurions tort de parler de la cause du syndrome des jambes sans repos tant ses origines sont multiples. D’ailleurs, la maladie est encore mal connue aujourd’hui. Néanmoins, on distingue trois origines potentielles différentes :

  • La génétique : certaines familles semblent plus touchées par le problème, ce qui laisse entendre qu’il existerait des causes génétiques au problème des impatiences dans les jambes. Dans ce cas-là, le syndrome apparaît souvent tôt dans la vie, dès l’enfance parfois.
  • Une maladie ou un trouble externe : certaines situations ou certains problèmes de santé particuliers sembleraient faciliter l’apparition des impatiences. C’est le cas de l’obésité, du diabète, de la grossesse, de la consommation d’alcool et de tabac, de la sclérose en plaques, etc.
  • Les origines inconnues : dans d’autres cas, on ne parvient pas à trouver une origine potentielle aux impatiences. On parle alors de syndrome des jambes sans repos dans sa forme idiopathique.

Quelle que soit la cause du syndrome des jambes sans repos, deux facteurs déclencheurs semblent souvent à l’origine de son apparition. Ils seraient donc également une piste pour limiter l’apparition des impatiences et pour lutter contre.

Le premier, c’est une carence en fer dans l’organisme. Avant même l’anémie, elle favoriserait la survenue du syndrome. Cette carence en fer est assez fréquente, notamment chez les grands consommateurs de café et de thé. Contrairement à une idée reçue tenace, la consommation de viande n’est pas l’apport le plus efficace en fer. Une alimentation riche et variée est donc nécessaire.

Le second, c’est le manque de dopamine. Cette substance essentielle permet aux cellules du système nerveux de se transmettre les informations. C’est également une hormone que l’on considère souvent comme une des hormones du bonheur. Les carences en dopamine sont fréquentes dans les syndromes dépressifs, mais aussi chez les personnes qui ne font pas assez de sport, ne se nourrissent pas bien et ne s’exposent pas assez à la lumière du jour.

Comment se déroule une crise d’impatiences ?

Les impatiences dans les jambes toucheraient environ 8 % des Français. 2 % de la population totale souffriraient de symptômes se répétant plusieurs fois par semaine. Parmi la population affectée, le syndrome des jambes sans repos toucherait davantage les femmes que les hommes. Surtout, les impatiences apparaissent très rarement avant l’âge adulte.

Les impatiences apparaissent surtout le soir, quand le patient s’allonge dans son lit. Leur durée et leur intensité sont les plus importantes. Cependant, les impatiences peuvent aussi se manifester en journée, lorsqu’on reste assis trop longtemps, en réunion ou en voyage par exemple.

Les crises d’impatiences qui s’accompagnent de mouvements périodiques nocturnes ont aussi un fonctionnement caractéristique. Les contractions musculaires involontaires surviennent toutes les 20 à 40 secondes pendant des périodes durant de 5 à 20 minutes. Elles produisent souvent des micro-réveils qui perturbent la qualité du sommeil.

Dans certains cas plus rares, les contractions involontaires et les mouvements qui les accompagnent surviennent pendant la journée.

Les conséquences des impatiences dans les jambes

Le syndrome des jambes sans repos n’est jamais dangereux pour la santé. Même quand il est une conséquence d’une maladie grave comme la sclérose en plaques, il n’est pas directement responsable de troubles physiques importants. En revanche, les impatiences dans les jambes peuvent avoir des conséquences importantes sur la vie sociale et professionnelle.

L’impact le plus important que syndrome des jambes sans repos a, c’est évidemment sur le sommeil. Les impatiences peuvent rendre le repos très compliqué, surtout quand elles s’accompagnent de mouvements musculaires incontrôlés. Dans un premier temps, l’endormissement devient plus difficile et le sommeil se raccourcit. Ensuite, même quand le patient dort, les mouvements répétés allègent le sommeil et diminuent les bienfaits du repos.

Enfin, les impatiences ont un impact de plus en plus important sur la vie socio-professionnelle. La qualité médiocre du sommeil peut provoquer des fatigues chroniques qui affectent la qualité du travail et de la vie sociale. Les mouvements musculaires involontaires compliquent les nuits en couple. Enfin, les impatiences se manifestent également quand on reste assis trop longtemps. De nombreux événements se compliquent alors : réunions professionnelles, voyages, repas, etc.

Une meilleure connaissance de ce syndrome permet de l’expliquer et de justifier son besoin de se lever et de marcher fréquemment.

Peut-on avoir des impatiences dans une seule jambe ?

Généralement, le syndrome des jambes sans repos touche les deux jambes de manière symétrique, même si une jambe ressent presque toujours les symptômes plus intensément. Néanmoins, certaines personnes ressentent les symptômes du syndrome dans une seule jambe. C’est un cas rare, mais suffisamment fréquent pour le noter.

D’ailleurs, parmi les cas rares, mais qui existent, certains patients développent également des impatiences et des contractions musculaires dans les membres supérieurs : doigts, mains et bras. Dans ce cas-là, le syndrome devient plus compliqué à vivre, car on peut difficilement agiter ses bras en public pour calmer les impatiences sans attirer l’attention. Dans le cas des jambes sans repos, la marche suffit généralement.

Comment calmer les impatiences dans les jambes ?

Les impatiences dans les jambes donnent une irrépressible envie de bouger. Le meilleur moyen de les calmer, c’est donc de bouger. N’attendez pas que la sensation devienne vraiment désagréable. Dès les premiers picotements, levez-vous et marchez. Faites quelques mouvements de gymnastique et des étirements si cela peut vous aider. Faites tout ce qui est nécessaire pour vous débarrasser des impatiences. On peut aussi se concentrer fortement sur une activité pour oublier les impatiences.

Malheureusement, on ne peut pas toujours se lever toutes les cinq minutes pour faire des squats et des étirements. Surtout, s’agiter n’est pas une bonne solution quand on essaye de dormir, car on relâche de l’adrénaline. Appliquez donc plutôt un linge mouillé (chaud ou froid, selon votre préférence) sur les jambes. Le froid endort les nerfs et le chaud améliore la circulation sanguine. Les deux aident contre les impatiences. À ce titre, un bon bain avant de se coucher est profitable.

Enfin, on conseille surtout d’améliorer son hygiène de vie pour limiter les symptômes du syndrome des jambes sans repos. Limitez donc drastiquement votre consommation de café, de thé, de tabac et d’alcool. Mangez équilibré et faites du sport régulièrement chaque semaine. Prenez soin de vous coucher et de vous lever à des heures fixes pour un meilleur sommeil. Enfin, faites quelques étirements de stretching avant de vous coucher.

Un massage des jambes peut-il aider ?

Parmi les meilleurs remèdes naturels permettant la diminution des impatiences dans les jambes, on retrouve systématiquement le massage. Un bon massage des jambes peut faire des miracles et vous fera beaucoup de bien. Idéalement, vous devez demander à la masseuse qui s’occupe de vous de faire un massage drainant des jambes, un massage musculaire profond et de la réflexologie plantaire.

Le massage musculaire profond permettra de vous détendre et d’éliminer les tensions, notamment dans les mollets et les cuisses. Cela vous aidera à mieux dormir, tout en relâchant de l’ocytocine, de l’endorphine et de la dopamine dans votre organisme. De son côté, le massage drainant réactivera la circulation sanguine et lymphatique. Il combattra la sensation d’avoir les jambes lourdes et la fatigue nerveuse. Ce faisant, il limitera les symptômes des impatiences.

Enfin, la réflexologie plantaire peut s’avérer très efficace aussi. Les points réflexes qu’elle stimule par l’accupression auront un impact plus général sur le corps. Certaines zones du pied permettraient d’atteindre directement le système nerveux. Ainsi, un bon massage des pieds pourrait vous détendre globalement et supprimer temporairement vos impatiences.

Les remèdes de grand-mère

Pour lutter contre les impatiences, on peut aussi se tourner vers quelques remèdes de grand-mère. Leur efficacité n’est pas toujours scientifiquement prouvée, mais vous n’avez rien à perdre à les essayer. Peu importe que la science comprenne ou non leur fonctionnement, tant qu’ils apaisent vos douleurs et vos impatiences.

Voici donc quelques astuces qui, si on en croit les nombreux témoignages, fonctionneraient contre les impatiences chez certains patients :

  • Finir toutes ses douches en s’aspergeant les jambes d’eau froide pendant deux minutes. Cela permet de provoquer la contraction du système veineux après sa dilatation due à l’eau chaude. C’est un bon moyen de prendre soin de sa circulation veineuse.
  • Boire de l’infusion de rhizome épineux. Coupé 80 grammes de rhizome épineux et faites-les bouillir 10 minutes dans un litre d’eau. Filtrez l’eau et conservez-la dans une bouteille. Boire une trois tasses par jour pendant trois semaines aiderait à supprimer les impatiences.
  • Les huiles essentielles. Massez-vous les jambes chaque jour en mélangeant de l’huile de poivre noir, de l’huile de lavande et de l’huile de marjolaine à coquille dans une huile de massage neutre.
  • Le savon de Marseille. Placez un pain de savon de Marseille emballé dans un linge sous vos draps. Vos muscles absorbent le potassium qu’il contient, ce qui calmera les crampes. Un tel procédé peut laisser perplexes les plus scientifiques, mais c’est bien un remède de grand-mère ancestral !
  • Boire de l’eau riche en minéraux. Les impatiences sont surtout dues à une carence en fer, mais le manque de magnésium et de potassium intensifie les contractures, les crampes et les douleurs musculaires.

Syndrome des jambes sans repos : quand consulter ?

Le syndrome des jambes sans repos n’est jamais grave en lui-même. Vous n’avez donc pas vraiment besoin de consulter un médecin si vous en souffrez de temps en temps. En revanche, vous devez demander son avis à votre médecin dès lors que vos symptômes s’intensifient ou s’aggravent avec le temps. Parfois, les impatiences restent stables pendant des années avant de s’intensifier subitement.

Vous devez également consulter un médecin si les impatiences perturbent trop fortement votre sommeil. Quand elles ont des conséquences sur vos performances, votre concentration et vos humeurs, vous devez traiter les impatiences pour ne plus les subir.

Bien sûr, vous pouvez commencer par essayer certains remèdes naturels, comme les massages ou la solution d’un bon bain chaud avant le coucher. Néanmoins, ces solutions ne sont pas des soins médicaux, mais de simples aménagements de confort. Vous n’avez aucune raison de subir des impatiences trop difficiles à vivre. Consultez donc un médecin dès que vous en ressentez le besoin.

Les médicaments contre les impatiences

Aucun médicament ne permet de traiter les impatiences dans les jambes ou le syndrome des jambes sans repos en général. En revanche, on peut utiliser certains médicaments pour leurs effets indirects. Actuellement, les recherches médicales suggèrent l’usage de trois médicaments différents :

  • Les benzodiazépines hypnotiques, que l’on appelle plus souvent des somnifères. Ils améliorent la qualité du sommeil et offrent du repos aux patients épuisés. En revanche, ils présentent des risques sur le long terme ; un risque élevé d’accoutumance et des somnolences qui durent longtemps après le réveil. On déconseille de conduire aux personnes qui en prennent.
  • Des antalgiques plus ou moins puissants. Ils permettent de soulager les douleurs que provoquent les impatiences qui s’accompagnent de mouvements musculaires intenses.
  • Les agonistes dopaminergiques, que l’on utilise à forte dose pour réduire les symptômes de la maladie de Parkinson. Dans le cas des impatiences, ils améliorent la communication des cellules du système nerveux et réduisent donc les picotements et les spasmes.

Comment soigner le syndrome des jambes sans repos ?

Actuellement, rien ne permet de soigner définitivement le syndrome des jambes sans repos. On peut combattre les impatiences dans les jambes en adaptant son activité physique et son alimentation, en s’étirant et en ayant recours au massage plusieurs fois par mois, mais on ne peut pas supprimer le syndrome des jambes sans repos. Les personnes qui en souffrent doivent savoir que les impatiences reviendront si elles ne font pas les efforts nécessaires.

Heureusement, dans la majorité des cas, les impatiences apparaissent suite à une carence en fer. Rétablir son apport quotidien en fer peut donc régler le problème, même si le syndrome réapparaîtra dès lors que la carence reviendra.

Enfin, dans certains cas plutôt rares, le syndrome disparaît spontanément après un certain temps. Au même titre que l’on ignore encore les causes exactes de l’apparition de ce syndrome, sa disparition subite reste mystérieuse.

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